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Mon manager est exigeant et j’aime ça !

 

 

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Quel paradoxe ! Mon manager est exigeant et cela me procure du plaisir au travail !

Comment l’exigence pourrait-elle être un facteur de bien être au travail ? Etre heureux au travail c’est aussi être rassuré. L’exigence est un facteur rassurant pourvu que le manager combine un niveau d’exigence élevé avec une réelle bienveillance et qu’il soit porteur de sens.

Dans ce post, cette fois ci, je me mets à la place d’un collaborateur dans une entreprise. Je partage ici, avec vous, son ressenti dans une équipe dont le manager est exigent.

Mon boss est exigeant envers moi.

Mon boss cherche à créer des conditions pour que nous osions quitter notre zone de confort et pour aller dans une zone moins paisible, celle de l’apprentissage ou de l’expérimentation. Capture d’écran 2016-01-10 à 18.53.38Selon lui, dans un contexte en perpétuel changement, rester campé sur ses habitudes, sa routine, est vraiment dangereux. Le changement fait peur, la routine est mortelle ! Nous sommes très souvent en formation ! Avec lui il n’y a pas de réunion d’équipe soporifique ! Vous savez celles, où le boss présente la litanie des chiffres et des annonces avec les powerpoints illisibles et les collaborateurs opinent du chef en silence ! Son exigence se traduit par le fait que nous devons préparer et participer lors de nos réunions. Chacun prend en charge un projet, un succès, une présentation et partage ses pratiques. Ainsi, il nous fait grandir et élargir notre zone de confort (cf schéma). Cela se traduit aussi par le fait qu’il nous propose de réfléchir sur les forces et faiblesses d’un processus par exemple ou d’un document interne. A nous de rechercher des pistes d’améliorations et des informations même en dehors de l’entreprise. Il est exigent au quotidien, C’est à dire que lorsque je viens avec un problème, il me demande « QPT », Que Proposes-Tu ? C’est une phrase magique ! (Que je vous invite à tester). Si tu viens avec un problème sans solution alternative, alors, tu es le problème ! Cette exigence est responsabilisante et nous incite à réfléchir et à nous réunir pour trouver collectivement des solutions efficientes. Il donne des clés, du recul pour que nous prenions la décision. Ce management exigent est responsabilisant. Il cherche à créer les conditions pour que nous soyons libres et responsables. Libres de prendre une décision, libre de faire des choix, donc de renoncer, et responsables des effets produits. Comment cela se passe ? Si c’est un succès parfait. Bravo et merci pour le job. Si c’est un échec, il me demande ce que j’ai appris.

Exigence sans bienveillance n’est que ruine de la relation !

En cas de succès, et en tant que leader, il ne s’approprie pas mon idée. En cas d’échec il ne rejette pas la faute : “je vous l’avais bien dit !”  J’apprécie en ce sens, le risque qu’il prend en nous bousculant car cela est en fait rassurant. Il nous démontre qu’il croit en nous, qu’il investi sur nous. Son exigence démontre qu’il veille bien sur nous. Il est exigent et bienveillant. Son exigence nous permettra d’avoir une zone de confort plus large.

Ensuite il est exigent envers lui-même.

Quand j’ai besoin de lui parler, il cherche à être en présence «ici et maintenant» avec moi. Il écoute pour me comprendre et non pour répondre. Il me questionne sans jugement. Il est exigent car il cherche à donner du sens à ses demandes et non à les imposer avec le 5C : C’est Con mais C’est Comme Ca ! Il est à l’opposé du management tyrannique du style : « Chercher à comprendre c’est commencer à désobéir ». Cela rappellera des souvenirs aux quinquas comme moi qui ont du subir les remarques des adjudants (avec peu de sagesse) lors de leur service militaire ! Son exigence envers lui-même le pousse à se remettre en cause. D’ailleurs il suit régulièrement des formations et il vient de démarrer un parcours de co-développement avec un organisme au nom original : Vivement lundi !

Et il est exigent envers son boss, ses collègues et l’entreprise.

Il cherche à équilibrer les moyens et les objectifs ou les défis à relever. En ce sens, il est force de proposition envers son N+1 pour obtenir des moyens ou des actions nous permettant de relever ses défis. Souvent en réunion, il pousse les limites du statu quo en proposant et en recommandant des approches innovantes (intelligence collective, animation en co-production…). L’exigence se traduit aussi par des confrontations, par une rugosité avec les autres. Cela est parfois inconfortable mais je crois qu’il vaut mieux ne pas être d’accord et exprimer ses convictions plutôt qu’à l’instar de la famille d’Abilene (voir le paradoxe d’Abilene), opter pour un consensus mou dont aucun n’est satisfait. Récemment, notre Directeur Général demandait à nos commerciaux de faire une progression de + 10% de chiffre d’affaires. Belle exigence ! Toutefois les commerciaux répondirent : « +10% mais pourquoi ? + 10% quel est le sens ? Est-ce que cela a du sens de demander + 10% quand le marché en France est à + 1 ou 2% ? » Le Directeur répondit que c’est un objectif mondial et que toutes le BU devait faire +10%. Etre exigeant oui, mais cela suppose aussi d’être porteur de sens. En tant que DG a t’il été exigent envers le Board pour remettre en cause le statu quo imposé ? Comment peut-il relayer cette injonction et y croire ? Comment mon manager-leader a t’il réagi ? Il nous a demandé d’une part, de revoir nos prévisions à la hausse (entre +3 et +4%)  et d’autre part, de proposer de penser hors de la boite, en proposant des innovations, des ruptures, d’oser, pour accélérer notre développement. Lui défendra ce budget additionnel devant le DG.

Exigence sans le sens n’est que ruine de la performance !

Bien sûr, tout cela n’est que le fruit de mon imagination et toute ressemblance serait purement fortuite…quoi que !

A bien y réfléchir, ExigenceBienveillance et Sens sont 3 facteurs clés pour provoquer l’engagement et pour embarquer les équipes. Plus vous êtes exigent plus vous devez donner du sens et être bienveillant (cf mes publications précédentes). Je ne suis pas fana des équations mais celle-ci me semble intéressante à poser :

Niveau d’Exigence X Actes de Bienveillance X Sens = Engagement

Si l’un des facteurs tend vers 0, alors l’engagement sera nul. Qu’en pensez-vous ?

“Les esprits valent selon ce qu’ils exigent. Je vaux ce que je veux.” Paul Valéry.

*Merci à Anne pour l’idée de l’équation

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